Fiche Métier : Profession Graphiste Freelance

Graphiste : un peu d’histoire

Le premier graphiste freelance au sens moderne du terme était un artiste peintre à qui ont fait appel les publicitaires pour composer des affiches. Pierre Bonnard par exemple pour France Champagne en 1891. D’autres artistes comme Toulouse-Lautrec et Vuillard vont largement ouvrir l’art à l’affiche moderne avec le style très singulier de leur peinture. La première affiche dite moderne est attribué à A.M. Cassandre (1901-1968) en 1923. L’industrialisation de la société de consommation va donner logiquement naissance à des nouveaux médias comme la publicité. Rétrospectivement le mot « graphiste » apparaît au milieu du XXe siècle. Avant cela on utilisait l’appellation de « dessinateur publicitaire ». Ces dernier étaient des professionnels des arts appliqués et maitrisaient la calligraphie, la typographie et l’illustration. Aujourd’hui le graphiste freelance à remplacé le dessinateur publicitaire dans les agences. Avec l’arrivé des nouvelles technologies est apparu l’appellation d’infographiste puis plus récemment de designer graphique.

Affiche France-Champagne, de Pierre Bonnard (1891)

Affiche France-Champagne, de Pierre Bonnard (1891)

sketchbook du graphiste freelance MATT Jones

Esquisse préparatoire MATT Jones

Le métier de graphiste : de l’idée à au projet

Le métier de graphiste est très vaste. Pour faire simple, je dirais que le rôle d’un graphiste consiste à traduire graphiquement une communication. Pour exprimer ce message par l’image le graphiste va utiliser une large gamme d’outils : des lettres, des signes, des formes, des couleurs, de la photo…
Le graphiste travaille sur des supports et des médias différents. L’outil informatique et les logiciels de graphisme qui ont transformés sa façon de travailler.
Finalement peut importe l’outil utilisé car le graphiste n’est pas enfermé dans un médium il est au contraire presque submergé par le choix des possibilités qui s’offrent à lui. Le graphiste doit garder en tête que l’important c’est sa capacité à trouver des solutions graphiques à la fois originales et efficaces.

Graphiste freelance, C’est quoi alors ?

Personnellement j’aime bien l’idée du graphiste qui vend ses talents tel un mercenaire du design. Etablit en indépendant le graphiste freelance travaille à son compte en sous-traitance graphique pour des agences, des studios ou directement avec une entreprise, pme, tpe, tpi. Etre indépendant ne conviendra pas à tous les graphistes. Ne pas avoir de revenu fixe peut être un facteur de stress, et le chèque de fin de mois en vous attend pas sur la table. Etre Freelance c’est aussi gérer son emploi du temps, trouver des nouveaux clients, faire des devis et des factures… Si on aime un peu la difficulté, être graphiste free-lance c’est aussi une expérience enrichissante et pleine de rebondissement. Et puis il y a toujours l’envie d’être son propre patron qui correspond bien à certain caractère un peu pétulant. Si vous voulez tout savoir sur cette profession je vous conseil l’excellent livre Guide du graphiste indépendant [Broché] Christelle Capo-Chichi. Vous pouvez aussi jetez un oeil sur un article intitulé “C’est quoi un graphiste freelance ?” sur le blog du collectif VanilleFraise.

Guide du graphiste freelance [Broché] Christelle Capo-Chichi

Guide du graphiste indépendant

Freelance ain't free even if my name is lance

Humour Freelance

Les pièges du métier de graphiste freelance

La vie d’un graphiste freelance n’est plus un long fleuve tranquille. Il y a déjà les appels d’offres non rémunérés des agences. Et puis ces dernières années des plateformes en lignes se sont développées et surf sur la vague du crowdsourcing encourageant ainsi le travail gratuit. Ces méthodes tirent le métier de graphiste freelance vers le bas. Ces « agences collaboratives » telle que Creads ou Wilogo proposent des concours pour la création d’un logo par exemple. De nombreux graphistes travaillent alors sur le même projet. Seul le gagnant est payé (pas trop quand même). On trouve aussi des sites comme withdesigners qui proposent aux graphistes de payer pour avoir accès à des demandes de devis… Payer pour travailler là encore qu’elle est belle cette idée. Dans freelance il y a « free » mais c’est pas pour ça que c’est gratuit » ; certains graphistes débutants peuvent être tenté de se prêter au jeu car ils ont besoins de clients. Vous l’aurez compris travailler à prix cassé ou gratuitement ça renforce la perception chez un client que le travail de graphiste ne vaut pas grand chose. Les graphistes indépendants depuis plusieurs années l’ont bien compris.

Une méthode de travail pour devenir efficace

Si vous abordez un problème sans connaissances ou préparation, vous ne pourrez pas le résoudre. Certes la maitrise des logiciels est essentielle, mais sans méthodologie votre design risque de rater sa cible et ses objectifs. Ne lancez pas trop vite photoshop comme si c’était la solution miracle. Pour réussir son design, il est nécessaire, avant de commencer à approfondir ses idées et préparer son travail. Pour commencer faite un brief créatif c’est le document clé de votre projet, ensuite étudiez la concurrence, le positionnement de l’entreprise, faite de la pige… Créer une identité graphique ou un logo d’entreprise par exemple ne se conçoit pas à la légère. Le graphiste freelance doit faire jaillir des idées à partir des contraintes recueillies dans la phase préparatoire au graphisme. Limitez le nombre de pistes graphique, préférez viser juste avec des propositions pertinentes plutôt que mitrailler de l’image à tout va. Enfin soignez la livraison des maquettes à votre client. Exposez votre travail en réunissant vos pistes graphiques dans une présentation qui associe images et commentaires.
P.S : Découvrez ma méthode pour créer une identité visuelle

Brief créatif selon Tom Fish Burne

Brief créatif

 

Anthologie du Graphisme Bryony Gomez-Palacio

Anthologie du Graphisme

Les qualités pour devenir (et surtout rester) graphiste freelance

D’abord être curieux, absorber l’univers graphique qui gravite autour de soi, lire, visiter des expos, regarder des films, étudier l’histoire de l’art et du langage graphique, se fader les philosophes comme dirait un ami…
Le graphiste freelance ne peut pas faire l’économie d’une bonne culture générale et des connaissances indispensables pour le travail de graphisme traditionnel (composition, formes et espace, principe de base de la couleur et de la typographie) pour développer un sens esthétique affuté. Il faut de la persévérance et de la pugnacité pour surmonter les obstacles sur le chemin sinueux du graphiste free-lance. Il faut de la patience et le sens du contact trouver des clients et les garder. C’est indispensable pour perdurer dans le métier. Fidéliser un client c’est la chose la plus difficile selon moi.